Le tueur aux charades

Cela faisait quelques mois que je suivais sa trace et malgré tout les indices qu'ils nous avait laissé, je sentais que nous étions encore loin de le coincer. Ce tueur en série est loin d'être un débutant, et même si ce n’était pas ma première affaire de la sorte, celle-ci était de loin la plus difficile de ma carrière.

Cela avait commencé il y 3 mois, le 18 février 2016. On m'avait appelé sur les lieux d'un crime. Une vraie boucherie. Une famille complète, un couple et leur fils, massacrés dans leur propre maison. La mère avait été égorgée, le fils poignardé, et le père avait été crucifié au mûr du salon.

D'habitude, je n'interviens pas dans cette partie du pays, c'est hors de ma juridiction, mais un message laissé par le meurtrier avait poussé les autorités locales à me faire venir. En effet, à côté du corps crucifié du père, se tenait un message, écrit avec son sang :

"Mon premier est le nom de l'homme le plus intelligent du pays"

La police locale avait de suite pensé à moi, car j’étais connu dans tout le pays grâce à mes succès dans les enquêtes les plus difficiles. Il est vrai que j'avais la réputation d'être le plus fin limier du pays. Mes prouesses dans la résolution des énigmes m'ont valu le surnom de l'homme le plus intelligent du pays.

Le tueur nous avait donc laissé une charade, et si la déduction des policiers était bonne, nous avions notre premier mot, mon nom. "Moore".

Cette charade n'était pas le seul message laissé par le tueur, il avait également laissé sa signature. Sous la charade, son pseudonyme. "Mat2016".

Un pseudonyme bien enfantin pour un tueur en série. On aurait dit un pseudo sorti tout droit d'internet, avec l'année actuelle dans celui-ci. Bien, après tout, il nous laissait aussi des charades, donc on avait pu deviner un trait de caractère assez puéril chez ce tueur en série.
Cependant, ces indices étaient trop maigres pour pouvoir en savoir plus sur notre tueur. Nous ne pouvions pas deviner le lieu, la victime ou même la date du prochain crime. Tout ce que le tueur avait réussi a faire, c’était de m'amener ici. Et je ne pouvais qu'attendre un autre message de sa part.

Ça n'a pas traîné, car une semaine après ma venue, un autre meurtre avait été commis. Cette fois, c'était dans une salle de classe d'une école pour fille. La victime était une adolescente, une élève de l'école. Comme le père du premier meurtre, elle avait été crucifiée au mûr. Le crime avait été commis durant la nuit, donc il n'y avait aucun témoin, juste un nouveau message écrit avec son sang nous attendait :

"Mon second est l'arme avec laquelle je tue, et je tuerais"

Et toujours sa signature, "Mat2016".

Le tueur voulait donc que nous trouvions l'arme du crime. Si on s'en réfère à son message, il n'utilise qu'une seule arme pour commettre ses méfaits. Et comme les premières victimes avaient été poignardées, il devait s'agir d'un couteau, ou d'un objet pointu.

Aucune arme n'avait été trouvée sur les lieux du premier crime, alors si le tueur voulait vraiment nous la révéler, il avait du laisser des indices, ou même l'arme en question.
Après quelques heures de recherches, celle-ci avait enfin été trouvée, dans la petite rivière qui voisinait l'école. Une dague. Une petite dague toute simple, sans aucun artifice. Elle avait été analysée, mais comme elle avait été jetée dans l'eau, elle n'avait plus aucune empreinte sur elle. Impossible d'en trouver la provenance, car elle était artisanale.
Encore une fois, nous n'avions aucun indice. Le tueur ne laissait ni empreintes, ni aucune autre preuve qui nous laisserait une piste. L’enquête piétinait, et tout ce que nous pouvions faire, c'est de sensibiliser les habitants de la ville sur le danger que représentait ce tueur en série, afin qu'ils se protègent du mieux qu'ils peuvent et qu'ils évitent de sortir seuls la nuit.

Malgré ça, un autre meurtre avait eu lieu. Cette fois, dans une église. Le prêtre avait été lui aussi crucifié au mûr de ce lieu saint, après avoir été préalablement poignardé, sûrement avec une dague. Comme d'habitude, aucune empreinte et comme d'habitude encore, un message avait été laissé par notre tueur en série :

"Mon dernier est le nom de ma prochaine victime et mon tout en est le lieu. Mat2016"

Cette fois, il y avait 2 messages en un mais, c'était curieux, car dans une charade, on ne dit pas "mon dernier", il aurait du dire "mon troisième". C'était peut être une erreur involontaire, mais mon expérience m'avait dit de garder ça en tête en tant qu'indice.

La charade était complète, le tueur nous avait donc laissé le nom de sa prochaine victime, le lieu, et l'arme du crime. Et comme il m'avait fait appeler, c'était un défi qui m’était adressé personnellement.

Pour mieux réfléchir, je m'étais isolé dans un des bureaux du commissariat local. J'avais inscris la charade complète sur un tableau et j'avais commencé à réfléchir.

"Mon premier est le nom de l'homme le plus intelligent du pays"
"Mon second est l'arme avec laquelle je tue, et je tuerais"
"Mon dernier est le nom de ma prochaine victime et mon tout en est le lieu."

Le premier, si le raisonnement des policiers était correct, est "Moore".
Le second, la dague. Dans la langue locale, "Dagger".
Le troisième est plus difficile. Il n'y a aucun indice pour trouver le nom de la prochaine victime. Alors, il vaut mieux trouver le tout avant tout, et quand nous l'aurons, nous aurons automatiquement trouvé le nom de la prochaine victime.
Comme il s'agit d'un lieu, j'ai commencé à chercher tous les lieux contenant "MooreDagger", puis j'ai cherché dans les employés ou les habitants de ces lieux si leur noms se trouvaient aussi dans le nom de ces lieux. Et il n'y en avait qu'un.

"MooreDagger Books", une bibliothèque située en périphérie de la ville. Son responsable, et propriétaire s'appelait George Books. Un nom qui allait bien avec sa profession.
en suivant mon intuition, la police avait mobilisé quelques ressources afin de protéger les lieux, et Mr Books. J'avais également proposé mon aide.

Et me voilà donc sur les lieux, attendant que le tueur daigne se montrer. J'avais résolu son énigme, j'avais donc remporté le défi qu'il m'avait lancé. Maintenant, j’espérais qu'il ait le courage de se rendre.

On avait attendu plusieurs heures, sans que personne ne vienne, ce qui m'avait laissé le temps de réfléchir. L’indice qu'il m'avait laissé trottait dans ma tête. Pourquoi "mon dernier" et non "mon troisième"... Et pourquoi crucifiait t-il ses victimes ? Son pseudo enfantin ne collait pas du tout avec cette méthode qu'on trouvait dans la bible...

Et si ce n'était pas un pseudo ?

Tout s’éclaircissait dans ma tête, mais pour être sûr, il fallait que je trouve un livre qui allait confirmer mon hypothèse. Une bible. J'avais demandé à Mr Book s'il avait une bible dans son établissement, et il m'avait indiqué une pièce isolée dans un recoin de la bibliothèque, ou il y avait tous les livres traitant de la religion.
Je m'y étais rendu, et j'avais trouvé une bible.

Le tueur crucifiait ses victimes pour me mettre sur la voie. Le fait que la troisième victime était un prêtre aurait du aussi me mettre la puce à l'oreille. Et enfin, "Mon dernier" était bel et bien un indice et non une erreur.

Son pseudo, Mat2016, n'avait rien d'un pseudo enfantin. Il s'agissait également d'un indice.
Mat est le diminutif de Matthieu. 2016 n'était pas l'année dans laquelle nous étions. C'était une référence biblique. Il voulait m'indiquer une phrase. Dans la bible, dans l’évangile selon Matthieu.

Chapitre 20. Verset 16.

"Ainsi les derniers seront les premiers, et les premiers seront les derniers."

C'est pour cela qu'il avait utilisé "mon dernier" et non "mon troisième".

"Mon dernier est le nom de ma prochaine victime".

Le dernier devient mon premier.

"Mon premier est le nom de l'homme le plus intelligent du pays"

C'est moi. Je suis sa prochaine victime. Tout était calculé dans le but de m'attirer ici. Il fallait que je rejoigne les autres.

Mais, alors que je me dirigeais vers la porte, celle-ci s'était ouverte. Monsieur Books était venu à ma rencontre. Alors que je me dirigeais vers lui pour l'avertir, il avait sorti une dague.
Il affichait un sourire narquois.
J'avais enfin trouvé notre tueur en série, dommage, j'avais été moins malin que lui. L'homme le plus intelligent du pays, c'était lui. Le dernier était bel et bien le premier.
Alors qu'il m’enfonçait sa dague dans le cœur, je lui soupirais à l'oreille :

"Bien...joué."

Texte de Kamus

4 commentaires:

  1. Malgŕé quelques fautes de syntaxe, le texte est vraiment plaisant et la charade bien pensée.
    Donc comme dirait le protagoniste, bien joué ^^

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  2. Faux raccord ! Le tueur aurait dû se suicider, puisque c'est lui l'homme le plus intelligent du pays !

    Bref, revenons à nos moutons, j'ai bien aimé la creepypasta, avec les énigmes et tout ça... Si vous en avez d'autres du type je suis preneur ! :)

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  3. Bonne histoire, même si l'inspecteur ne m'a pas l'air aussi doué que sa réputation ne laisse penser.

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  4. J'ai bien aimé l'histoire ^^ Good job :)

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