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Ubloo (partie 4.5)

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Partie 4

J’ai lu quelque part que les feux des voitures de police étaient conçus de manière à ce que l’œil humain ne puisse pas s’y adapter, de manière à demeurer constamment voyants. Ça fait quatre ans que je teste cette théorie, depuis que je suis dans la police, et je vais être honnête avec vous, je pense que c’est vrai.  

Avoir les lumières sans le son m’a toujours fait bizarre, mais à cette heure-ci je ne voulais surtout pas réveiller les gens pour rien. Par ailleurs, il n’y a personne sur la route à cette heure, et franchement les lumières elles-mêmes ne sont pas nécessaires.  

J’ai reçu une plainte pour tapage nocturne, avec possiblement des coups de feu, dans la vieille école. C’est sûrement encore une bande d’ados qui s’amusent avec des pétards en prétendant voir des fantômes et tout le bordel.  

J’ai secoué la tête. J’espère juste que ça ne sera pas encore ces deux crétins, qui ont soi-disant besoin « d’enquêter ». C’étaient les pires. Les frères… com…

Ubloo (partie 4)

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Partie 4.5

Je faisais les cent pas dans ma chambre d’hôtel en remuant un verre de gin, perdu dans mes pensées. Demain j’avais rendez-vous avec la Louisiana Bank pour visiter la vieille école à laquelle Robert Jennings s’était intéressé. Ils étaient un peu surpris que je souhaite acheter l’endroit, tout comme je l’ai été en entendant qu’il n’intéressait personne. La maison était magnifique, bien que délabrée et ayant grand besoin de travaux. La femme avec qui j’avais discuté au téléphone m’a informé que l’école était devenue auréolée d’histoires d’horreur chez les locaux. Elle avait fermé lorsqu’elle s’était retrouvée à court de fonds, et cela avait contrarié beaucoup de gens, élèves comme parents, que le gouvernement décide de les envoyer ailleurs plutôt que de relancer le financement. Du coup elle avait été mise sur le marché, mais je suppose que personne ne se sentait d’acheter un truc qui avait eu tant d’importance pour les enfants. Pour résumer, quelques to…

Ubloo (partie 3)

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Partie 4.5

J’observais les lignes blanches disparaître l'une après l'autre sous le capot de ma voiture en parcourant l’autoroute. Plus je les regardais, plus j'avais l'impression qu'elles ne formaient qu'une seule et même ligne floue plongée dans un océan de bitume, et alors il fallait que je tourne le regard pour qu’elles soient à nouveau séparées.

J’ai tendu le bras vers le siège passager pour attraper ma bouteille de gin. C’est triste de voir à quel point je suis devenu doué pour tirer le bouchon d’une main pendant que l'autre tient le volant. J’en ai pris une grosse gorgée pour finir la bouteille, puis je l’ai balancée à travers la vitre côté conducteur avant d'entendre le bruit satisfaisant des éclats de verre.

« Ça ne pouvait être qu'un micro sommeil », me répétais-je sans cesse. Je ne sais pas si je commençais à perdre la raison, ou si j’avais déjà trop bu pour ce midi et que je divaguais ; mais j'avais en quelque …

Ubloo (partie 2)

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Partie 4.5

"C'est mon bébé ! Non, pitié, non !"

"J'ai dit RESTE EN ARRIÈRE, pétasse !" L'agent venait d'asséner à Mrs. Jennings un violent coup de matraque dans la mâchoire.

J'ai entendu son cri quand elle a reçu le coup, et j'ai vu ses dents brisées tomber sur le pavé dans un cliquetis sinistre. Ils étaient tous sur elle à présent, à la rouer de coups. Ils l'ont mise à terre, puis ont commencé à se relayer, martelant son dos l'un après l'autre. Elle n'avait pas cessé de les supplier de ne pas emmener son fils, mais ils ne l'entendaient pas, ils étaient trop occupés à rire. D'un rire maniaque, dément, qui me rendait malade.

Les infirmiers des urgences sont sortis de l'immeuble, portant Andrew sur un brancard. Ils le dirigeaient maladroitement, et à la première marche du perron, son bras a émergé du drap blanc dont on l'avait recouvert. Le brancard a tangué, et le corps d'Andr…

Ubloo (partie 1)

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Partie 3
Partie 4
Partie 4.5

Dans ma vie d'avant, j'étais psychiatre. Ou attendez, laissez-moi reformuler ça. Avant que ma vie s'effondre, j'étais psychiatre, et un bon en plus. C'est dur de déterminer ce qui fait un bon psychiatre, mais j'ai commencé à travailler dans ce domaine très tôt. J'ai acquis pas mal d'expérience dans mes premières années de métier, et il n'a pas fallu longtemps avant que je n'aie presque plus de clients que je ne pouvais en gérer. Je ne dis pas qu'une personne suicidaire pourrait venir dans mon cabinet et retrouver le goût à la vie en une journée, mais mes clients me faisaient confiance, et sentaient que je les aidais réellement ; je suis donc devenu très vivement recommandé, et mes tarifs étaient, je l'avoue, plutôt élevés. Ceci étant dit, j'étais habitué à des patients de classe sociale aisée.

Je ne suis pas sûr de comment la famille Jennings m'a trouvé, mais je suppose que c'est …